L’offre spécifique d’une artothèque est une collection d’œuvres qui sert de support à différents types d’actions  et plus particulièrement la diffusion artistique et la médiation de l’art contemporain. L’artothèque irrigue le territoire de manière volontariste (grâce à divers partenariats culturels) mais aussi de façon plus « organique », en répondant à des demandes précises (liées aux difficultés de déplacement des publics par exemple) par des réponses individualisées. Elle travaille ainsi dans les interstices des autres acteurs culturels.

 

Le projet artistique et culturel d’une artothèque peut être mis en relation, de façon complémentaire mais essentielle, avec d’autres lieux art contemporain du territoire, et plus largement d’autres lieux de culture. L’originalité des artothèques réside essentiellement en la mise en relation directe des œuvres et des individus ou des artistes et des publics, et c’est bien cette originalité qui peut créer un « effet de levier » sur un territoire. Les partenariats se développent en intégrant cette dimension prospective des artothèques, mise en place après une analyse précise des besoins et des ressources du territoire observé. L’artothèque trouve, en effet, un sens accru dans un fonctionnement en réseau, en étant présente à différents temps des projets respectifs (par exemple : accompagnement d’actions de médiation, coproduction ou coédition d’œuvres).

 

Le projet culturel d’une artothèque s’élabore non plus uniquement avec des professionnels de l’art comme porteurs de l’action, mais également avec des partenaires issus de la société civile : associations ou entreprises et bien sûr avec les collectivités territoriales.

La relation à chaque partenaire doit être contractualisée et évaluée. Pour tous les projets qui demandent à être pérennisés, il faut encourager la mise en place de conventions d’objectifs qui préciseraient les intérêts communs et le type d’évaluation qui peut en être faite. L’évaluation peut être proposée en deux temps : pendant l’action (implication des différents acteurs) et après, avec un bilan qui porte sur la réception de l’action par le public (relation artistique) et sur ce que la présence de l’artothèque peut générer sur le territoire.

 

En effet, au-delà du suivi du travail de médiation, il faut mesurer comment la présence de l’artothèque, à un moment donné, peut modifier ou suggérer un autre aménagement de l’espace/des lieux/ du territoire, pourquoi et pour qui.

S’interroger sur le rôle que peuvent jouer les artothèques dans l’aménagement culturel d‘un territoire, conduit aussi à se demander  comment elles peuvent inscrire leurs préoccupations au carrefour des trois points constitutifs du développement durable : environnemental, social et économique.

 

L’échelon territorial le plus courant pour les artothèques en France est communal ou intercommunal par sa tutelle mais rarement dans les faits. Des emprunteurs démunis de structures de proximité, ou séduits par le projet de l’artothèque se déplacent facilement dans les 100 km à la ronde. Quelques artothèques couvrent dès leur projet politique un territoire plus élargi et portent à ce titre une réflexion plus précise sur la notion de territoire, c’est par exemple le cas de l’artothèque du Limousin (échelon régional) ou de l’artothèque du Lot (échelon départemental). Dans tous les cas, les artothèques sont porteuses d’une mission de service public avec un souci d’équité, de continuité, de régularité de l’action.

 

« La mobilité des œuvres et des artistes, et plus seulement la mobilité des publics, réinvente la validité de la question de l’itinérance, du nomadisme et de l’irrigation du territoire ».  (Bernard Latarget, in « L’aménagement culturel du territoire », 1992)