La conservation et la restauration des oeuvres en artothèque

Une des missions premières des artothèques qui vise à diffuser très largement ses collections induit un paradoxe dans la notion même de conservation.

D'une manière générale, la conservation est l'acte qui consiste à maintenir intact ou à préserver un élément dans un état constant. Or des œuvres susceptibles d’être empruntées plusieurs fois par an ne peuvent répondre à des critères de collection muséale dont le but premier est de conserver. Le terme de conservation préventive semble donc plus adapté au fonctionnement même des artothèques.

 

 

La conservation préventive

Les artothèques ayant des œuvres d’une valeur artistique et patrimoniale indéniable doivent prendre en compte une conservation à long terme de leur collection. Une attention particulière doit donc être apportée à la conservation préventive des œuvres : précaution environnementale, encadrement, restauration d’œuvres.

 

 

L’espace de prêt de la collection 

Les locaux doivent répondre à des critères spécifiques stricts en termes d’aménagement de l’espace et particulièrement à des critères de conditions environnementales :

  • bonnes conditions thermohygrométriques ;
  • aucune lumière du jour directe sur les œuvres ;
  • pas de traversée de canalisation dans le lieu de conservation…

Pour le stockage des œuvres, il est recommandé d’utiliser des grilles coulissantes permettant de voir les œuvres sans les manipuler et permettant également de les protéger de la lumière.

 

Les encadrements 

Les œuvres bidimensionnelles prêtées au public sont généralement encadrées (baguette de bois, plastique ou métal, vitre de verre ou de plexiglas) et ainsi protégées des risques de dommage physique inhérents à leur transport.

Pour garantir une meilleure conservation des œuvres encadrées à long terme une attention particulière doit être apportée :

  • aux matériaux de montages de conservation (choisir des cartons Muséum, des rubans en toile de coton, des papiers Japon gommé, des coins en polyester ou en polypropylène…) ;
  • aux baguettes (choisir de l’aluminium ou un bois naturel peu acide tel que le chêne) ;
  • aux verres ou plexiglas (préférer le plexiglas pour de grandes œuvres avec un filtre anti-UV)…

Pour une conservation préventive optimale, un conservateur-restaurateur peut apporter des informations techniques concernant les matériaux de montage, conseiller et donner des avis sur le stockage et le conditionnement des œuvres…

L’étude d’une collection et des recommandations de conservation, un cahier des charges pour le déménagement de collections ainsi que des formations au montage de conservation de photographies ou d’estampes peuvent également être suivies par certains restaurateurs.

 

La restauration d’œuvres 

Les œuvres d’art contemporain étant fragiles de par leur constitution et, en artothèque, soumises à de nombreuses manipulations, il est parfois nécessaire de faire appel à un restaurateur pour envisager leur traitement.

 

Les arts graphiques et le livre :

Le papier s’altère à la lumière, à la chaleur et à l’humidité, il se dégrade chimiquement. Le contact avec des matériaux acides (vieux cartons de montage, colle animale…) ou la poussière lui sont également néfastes car cela favorise le développement des moisissures. Certains insectes dévorent ou se nourrissent de la colle déposée en surface.

 

Le patrimoine photographique :

Les papiers photographiques sont très sensibles aux variations thermohygrométriques (dilatation et hydrolyse à l’humidité, rétractation à la sécheresse, « fatigue » du matériau liée aux échanges incessants) et fragiles mécaniquement (manipulations).

 

L’art contemporain :

Bien que les créations contemporaines soient par définition récentes, elles doivent être protégées et exposées dans de bonnes conditions de conservation ; elles doivent parfois également recevoir des traitements de restauration.

Dans ce domaine, l’activité de conseil et de documentation auprès des artistes au moment de l’acquisition est incontournable. Le conservateur-restaurateur peut aussi prodiguer des conseils sur la stabilité des matériaux et informer l’artiste sur la pérennité des matériaux utilisés dans ses œuvres.