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Lettre ouverte du CIPAC à l’attention
des candidats aux élections régionales 

Paris, le 26 novembre 2015


Les 6 et 13 décembre prochains auront lieu les élections régionales. Les futurs Présidents de Région et Conseillers régionaux vont devoir assumer une responsabilité unique dans l’histoire des politiques culturelles.


Les conseils régionaux des nouvelles grandes régions auront à définir les mesures consécutives à l’acte III de la décentralisation, soit la loi MAPTAM relative à la modernisation de l’action publique territoriale et à l’affirmation des métropoles et la loi NOTRe relative à la nouvelle organisation territoriale de la république. L’effet additionné de l’ensemble de ces réformes, de la réorganisation simultanée des services de l’État, de la crise des financements publics, peut déstabiliser gravement les politiques déjà fragiles mises en œuvre pour le secteur des arts visuels.


Ces circonstances exceptionnelles mettent au jour la grande vulnérabilité des réseaux et des structures dédiés à l’art contemporain. La pérennité des plus précaires pourrait être rapidement mise en cause. Nous sommes dans un contexte historique où se joue l’avenir d’un modèle de soutien à la culture, en raison notamment :

  • d’une crise qui, au delà de la crise des financements, est aussi une crise idéologique où la création et sa liberté sont prises pour cible ;
  • d’une réforme territoriale de grande ampleur qui redéfinit l’équilibre État / Région et questionne directement l’équité territoriale et la garantie de l’accès à la culture pour tous ;
  • d’une loi « liberté de création, architecture et patrimoine » (LCAP), présentée comme un acte fondateur des politiques en direction de la création mais dont le contenu laisse de côté tant d’enjeux majeurs de notre secteur.

Dans ces conditions, les politiques culturelles des nouvelles régions auront une importance capitale et leurs décideurs des responsabilités historiques :

  • une responsabilité immédiate : car de nombreuses structures de l’art contemporain se trouvent dans des situations si incertaines qu’elles ne pourront supporter de nouveau un déficit de soutien à leur égard ;
  • une responsabilité à long terme : car de la mise en place de politiques ambitieuses au service d’une société en grand besoin de culture, dépend le développement démocratique de nos territoires.

Le CIPAC, Fédération des professionnels de l’art contemporain, réunit les professionnels engagés dans l’enseignement et la recherche, le soutien à la création, la diffusion publique ou privée et la médiation de l’art contemporain en France. 


Ses 20 associations membres demandent aujourd’hui aux candidats des engagements concrets sur les politiques culturelles en faveur des arts visuels, et notamment :

  • la sanctuarisation des crédits dédiés à la culture ;
  • la création des commissions culture au sein des CTAP avec une commission dédiée aux arts visuels ;
  • la mise en place des outils nécessaires à une co-construction efficace des politiques publiques en faveur des arts visuels.


Il est encore temps d’agir, d’agir efficacement et en concertation, pour protéger et développer les politiques culturelles qui font la richesse de notre pays.



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